Les prêtres en retraite sacerdotale
à l’abbaye de Mondaye

À l’approche du Carême, notre évêque et vingt deux prêtres du diocèse ont vécu une semaine de retraite à l’abbaye Saint-Martin de Mondaye. Guidés par le père François Renaud, prêtre du diocèse de Nantes, ils ont puisé dans la sagesse de saint François de Sales.

À l’image du Christ qui se retirait à l’écart pour prier, notre évêque et vingt‑deux prêtres du diocèse se sont retrouvés du 1er au 8 février 2026 à l’abbaye Saint-Martin de Mondaye, en Normandie, accueillis fraternellement par les chanoines prémontrés.

La retraite était prêchée par le père François Renaud, prêtre du diocèse de Nantes et membre de la Fraternité sacerdotale Saint François de Sales. Avec pédagogie, profondeur et simplicité, il a guidé les prêtres dans une relecture spirituelle de leur mission sacerdotale, en s’appuyant sur l’œuvre majeure de saint François de Sales, Introduction à la vie dévote.

Se mettre à l’écart pour mieux écouter

Le cadre paisible et monastique de l’abbaye favorisait un climat de recueillement et d’écoute intérieure. Les journées étaient rythmées par la prière des laudes, temps d’enseignements, célébration eucharistique, prière personnelle et communautaire, sacrement de la réconciliation, sans oublier les repas pris en commun, vécus comme de véritables moments de fraternité sacerdotale. Le silence, respecté avec fidélité, permettait à chacun d’approfondir sa relation au Seigneur et de laisser la Parole de Dieu résonner au cœur de sa vie et de son ministère.

Chaque jour s’articulait autour d’un passage biblique expliqué le matin, suivi l’après‑midi d’un approfondissement à la lumière des sermons de saint François de Sales. Parmi les textes médités figuraient notamment la demande de la mère des fils de Zébédée, la rencontre de Jésus avec Marthe et Marie, les Béatitudes, la tentation de Jésus au désert, ainsi que le passage de l’évangile selon saint Luc (11, 27‑28), où Jésus souligne que le véritable bonheur réside dans l’écoute de la Parole de Dieu et sa mise en pratique.

« Faites tout par amour, rien par force »

Le fil conducteur était clair : toute action pastorale et tout service ecclésial n’a de sens que s’ils s’enracinent dans la recherche de la sainteté. Non pas une sainteté héroïque ou spectaculaire, mais une sainteté faite d’humilité, de patience, d’amour concret et de confiance en Dieu. Le ministère sacerdotal, à l’image de la vie du Christ, comporte inévitablement des épreuves et des tentations ; cependant, celles‑ci deviennent des lieux de purification et de croissance spirituelle lorsqu’elles sont assumées dans la foi.

Les enseignements de l’après‑midi ont permis d’approfondir concrètement les moyens d’avancer sur ce chemin de sainteté :

  • le choix libre et renouvelé de plaire à Dieu,
  • la fidélité à l’oraison et aux sacrements,
  • l’accueil de l’Esprit Saint dans la vie quotidienne,
  • l’acceptation des épreuves comme des occasions de rechoisir le chemin du Seigneur,
  • et enfin la relecture régulière de sa propre vie à la lumière de l’Évangile.

Tout au long de la retraite, un accent particulier a été mis sur l’esprit de service, vécu dans l’obéissance, l’humilité et la charité, selon cette parole emblématique de saint François de Sales : « Faites tout par amour, rien par force ; aimez plus l’obéissance que la crainte.»

Un cœur renouvelé pour servir

Dans un style simple, accessible et profondément spirituel, le père François Renaud a su transmettre avec justesse et fidélité le message salésien, aidant chacun à redécouvrir la douceur et l’exigence de l’Évangile vécu au quotidien.

Cette retraite a été unanimement reconnue comme un temps particulièrement enrichissant, source de consolation intérieure et de renouvellement pastoral.

Les prêtres sont repartis spirituellement nourris, fortifiés dans leur vocation et mieux outillés pour poursuivre leur ministère sacerdotal au service du peuple de Dieu, avec un cœur renouvelé, enraciné dans la prière et résolument tourné vers la sainteté.

Père Marius Atté
Février 2026

 

Saint François de Sales

L’Église catholique célèbre le 24 janvier saint François de Sales, évêque de Genève au XVIIe siècle, reconnu comme l’un de ses plus grands docteurs. Né en Savoie en 1567, d’abord formé au droit pour répondre aux attentes de son père, il suit finalement sa vocation sacerdotale et devient prêtre en 1593. Son ministère est marqué par une prédication fondée sur la douceur et l’amour du Christ, résumée par sa maxime : « Rien par force, tout par amour ».

Dans un contexte de fortes tensions religieuses, François de Sales privilégie le dialogue et innove en diffusant des feuillets pour expliquer la foi catholique : cette méthode lui vaut d’être aujourd’hui le patron des journalistes et communicants. Son action contribue à apaiser les conflits, à favoriser des conversions et à encourager une foi vécue «comme une attitude du cœur ». Nommé évêque de Genève en 1599 (siège à Annecy), il mène un intense travail pastoral.

Un aspect majeur de son héritage est l’appel universel à la sainteté. Par son œuvre Introduction à la vie dévote (1608), il montre que la sainteté est accessible à tous, quel que soit l’état de vie, anticipant l’enseignement du Concile Vatican II. Son amitié spirituelle avec Jeanne de Chantal conduit à la fondation de la Visitation en 1610. Dans Théotime (1616), il développe une vision de la vocation humaine centrée sur l’amour de Dieu.

François de Sales meurt en 1622, mais son influence demeure forte. Dans sa lettre apostolique intitulée Totum amoris est (« Tout est à l’amour »), le pape François l’a qualifié de repère pour notre époque, et son enseignement continue d’inspirer l’Église.

Source : www.vaticannews.va


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