Joie dans les cœurs
au “pèlerinage du sourire”

Lourdes Cancer Espérance (LCE) accompagne et rassemble les personnes atteintes d’un cancer et leurs proches. Du 20 au 24 septembre 2022, une délégation de 20 personnes du Val-d’Oise participe au pèlerinage national à Lourdes. Suivez les jours après jours !

Mardi 20 septembre 2022 – 1er jour

Quelle joie, après 3 ans de pandémie, de retrouver toute notre grande famille LCE pour ce 37e pèlerinage ! On croirait vivre une « cousinade » après cette longue absence ! La joie se lit sur tous les visages et rayonne dans nos cœurs.

Nous débutons cette soirée par une célébration joyeuse, priante et festive, animée par Patrick Richard et son musicien. Nous sommes plus de 3600, venant de tous les départements français, de Belgique, du Luxembourg, de Suisse et de Monaco.

Notre aumônier national, Michel Pagès, a introduit cette cérémonie : « La Vierge a dit à Bernadette : ‘allez dire aux prêtres…’ Cet envoi nous concerne tous, nous qui sommes l’Église. C’est en Église que nous pouvons vivre cet envoi. On pourrait annoncer la bonne nouvelle du message de Lourdes pour ce monde, comme lieu de guérison et de renouveau toujours possible. Nous sommes faits pour annoncer un mystère d’Espérance avec patience. Nous avons vocation à y prendre toute notre part…

Quel appel pour nous à LCE alors que tant de choses nous empêchent, nous blessent et nous révoltent face au défi du cancer, ses conséquences, ses luttes et ses blessures ! Mais nous savons par expérience, et nous y croyons, qu’il y a un ‘au-delà’ de la maladie et de l’épreuve, un au-delà d’Espérance’ et nous voulons l’annoncer.

Puisons dans l’expérience de nos vies ce qui a visage ‘d’annonce’, cela ne ressemble-t-il pas à ce qu’on appelle l’Espérance ? Acceptons d’en être les instruments. Le monde a besoin de chacun de nous pour ‘annoncer’ et clamer ‘une Bonne Nouvelle’ »…  

Puis, il nous a présenté Mgr Bouilleret, archevêque de Besançon qui présidera le pèlerinage cette année. Votre devise : « Sagesse et humilité » vous mène vers la passion des hommes et leur proximité. Merci Monseigneur, de nous accompagner toute cette semaine !

Mgr Bouilleret : « La sagesse, c’est savoir distinguer le bien du mal et toujours choisir le bien ! L’humilité, c’est ce que nous enseigne Jésus, lui, le Fils de Dieu. Dieu nous donne cette capacité du service. Il nous invite à un pèlerinage de grâces dont nous avons besoin pour notre vie, pèlerinage d’Espérance dans ce monde où nous sommes cabossés… Lui a vaincu la mort et est ressuscité… »

Les chants composés, pour la plupart, par Patrick Richard, ont porté notre prière et nous ont introduits dans cette marche que nous entamons…

« Revenir à la source,
Y plonger les mains et le cœur,
Revenir ensemble à la source
D’où jaillit le vrai bonheur… »

 « Quand vivre est une chance,
Quand vivre est à chanter
Sous le soleil de l’espérance,
Nous avons choisi la prière et l’amitié »

Mercredi 21 septembre 2022 – 2e jour

La matinée a débuté par une très intéressante conférence du Pr Jean Bernard DUBOIS (ICM de Montpellier) dont voici un bref résumé :

Quelle est la place de la recherche dans la maladie du cancer ?

Cette maladie compte 1/3 de la mortalité en France. Elle est devenue un problème de santé publique. Tout a changé : les tumeurs, les patients, les moyens thérapeutiques en optimisation tous les jours. Les résultats ne sont plus les mêmes : on guérit 2/3 des cancers ; dans les années 90, on en guérissait 40%. La chimiothérapie mène pour certains cancers à 100% de guérison.

Le cancer est devenu une maladie chronique dans beaucoup de cas au même titre que l’hypertension ou le diabète : c’est-à-dire que l’on vit avec en ayant des soins.

1. A quoi sert la recherche ? Elle doit être totalement libre et libérée ; les chercheurs doivent exercer leur curiosité. Il faut mieux connaître la maladie. 1/3 des recherches sont des échecs, il faut améliorer la connaissance. 

Il y a deux types de recherches : 
– recherche clinique
– recherche fondamentale

La recherche clinique se fait au lit du patient (mais ça ne veut pas dire que nous sommes des cobayes !). On fait des essais cliniques (ce ne sont pas des expérimentations) : on compare des groupes de traitement. Certains traitements n’ont pas besoin d’essais tellement ils sont probants. Certains cancers métastatiques ont triplé leur résultat de guérison. Il faut savoir que la recherche est parfaitement contrôlée par le Comité d’éthique (protection des personnes).

Qu’attendre de la recherche fondamentale ? Tout d’abord la connaissance de la maladie, puis la recherche sur les traitements. On connaît mieux les maladies. Les chercheurs communiquent en temps réel dans la communauté scientifique. Un contrôle existe à l’intérieur même de cette communauté. Les contrôles préalables sont permanents.

 2. Quels sont les grands domaines qui apportent du nouveau ?

Beaucoup de découvertes ont été faites par hasard ou par erreur : il faut l’accepter. 
Éclosion d’une nouvelle science : la génétique.

C’est l’étude des gènes, des chromosomes. Une seule certitude : il faut douter pour vérifier, chercher, confronter avec d’autres. Attention au chercheur unique ! Un labo = au moins 20 personnes. Cela va jusqu’à 100. La technologie a évolué comme le traitement des informations (l’intelligence artificielle) ; la performance des ordinateurs double tous les 3 ans et nous mène à la connaissance du génome humain.

On possède 30 000 gènes avec des combinaisons multiples (le cerveau humain est incapable de les calculer). Il faut analyser, synthétiser, agir pour comparer le génome humain et le phénotype (en rapport avec l’environnement donné). Cela crée une immense bibliothèque de la génétique.

Dans 20% des cas, les cancers sont d’origine génétique (on sait parfaitement identifier les gènes de prédisposition), on peut établir des cartes génétiques et, ainsi, adapter des mesures préventives et des rythmes de surveillance.

On utilise la génétique pour modifier la réponse au traitement : supprimer l’expression du gène qui empêche le traitement de donner des résultats.

L’immunothérapie étudie la capacité de défense d’une agression (les lymphocytes combattent l’agression de la tumeur cancéreuse). Le lymphocyte se réconforte dans le thymus qui fait de moins en moins son office quand on avance en âge. 

Il y a des gens qui ne feront jamais de cancer parce qu’ils le détruisent.

Chaque semaine, de nouveaux essais cliniques sont mis en route (3000/an). 
Il y a 50 ans, il y avait 10 médicaments pour traiter le cancer ; aujourd’hui, il y en a des milliers.

 3. Il y a une immensité d’applications thérapeutiques nouvelles :

  • La biologie cellulaire : le métabolisme intracellulaire nous permet de voir que l’on peut être actif sur le comportement des cellules : traitements ciblés qui modifient les cellules cancéreuses sans toucher aux cellules saines.
  • Meilleure utilisation de la radiothérapie qui ne traite que la tumeur (grâce à l’amélioration de la radiographie, IRM, scanner, pet-scan). On peut robotiser les traitements.
  • La microbiologie, la virologie : certains cancers sont introduits par des virus d’où l’apparition de nouveaux vaccins (cf. le vaccin contre le papillomavirus).
  • La sociologie : grâce aux enquêtes, on améliore la connaissance de la maladie.

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Au début de la messe, en ce début d’après-midi,  nous sont rappelés les signes des sacrements:

  • L’eau, nécessaire à toute vie, lave, purifie, régénère au Baptême
  • La lumière, seul élément éclairant la nuit, symbolise le passage de la mort à la vie : la Résurrection du Christ
  • L’huile (Saint Chrême) , huile parfumée qui pénètre en profondeur, protège, embellit et nourrit
  • L’imposition des mains, geste rituel qui bénit, guérit, confère un pouvoir
  • La Parole s’unit au geste pour les sacrements qui nous ouvrent à l’Amour de Dieu

L’immense procession eucharistique nous rassemblera tous à la basilique Saint-Pie-X.

Jeudi 22 septembre 2022 – 3e jour

Toujours au rythme de chants de Patrick Richard, nous entrons dans la célébration eucharistique ce matin, dans la basilique St Pie X :

« En famille, en peuple, en Église, 
Seigneur, nous arrivons
De tous les horizons.
En famille, en peuple, en Église, 
Seigneur, nous arrivons,
Pour célébrer ton nom. »

La prière universelle a été écrit par un prisonnier qui l’ayant remis à P. Richard lors de ses visites, lui a demandé de les mettre en musique…

Le voici : 

« J’ai tout remis entre tes mains 
Ce qui m’inquiète, ce qui me gêne,
Ce qui m’angoisse et qui me peine,
Et le souci du lendemain
J’ai tout remis entre tes mains.

J’ai tout remis entre tes Mains
Le lourd souci traîné naguère,
Ce que je pleure ou que j’espère
Et le pourquoi de mon destin.
J’ai tout remis entre tes mains.

J’ai tout remis entre tes mains. 
La pauvreté ou la richesse,
Le bonheur et puis la tristesse,
Tout ce que jusqu’ici j’ai craint.
J’ai tout remis entre tes mains. »

Mgr Bouilleret nous a invités, au cours de son homélie, à entrer en prière, en méditation, au partage de la Parole : « Jésus se retire souvent pour prier, pour communiquer avec son Père, être en communion avec lui. Il entre dans sa volonté pour toute l’humanité. Sa prière se fait si intense que sang et eau sortent de son corps. Deux des paroles de Jésus :’Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?… Entre tes mains Seigneur, je remets mon esprit’.

Nous aussi, nous avons crié, et avons dit ‘je m’abandonne à toi.’ L’esprit Saint vient en aide à notre faiblesse, à notre fragilité. L’Esprit Saint connait le langage de Dieu puisqu’il est Dieu lui-même. Laissons entrer en nous l’Esprit pour nous aider à la prière !

Lorsque nous communions au Corps du Christ, nous entrons dans la vie-même du Christ présent. Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle… »

A 15H30, nous avons rejoint cette foule immense pour prier les mystères lumineux du chapelet à la Grotte de l’autre côté du Gave.

Ce soir, nous unissons nos prières, lors de la procession mariale, pour toutes les personnes empêchées par la maladie ou le grand âge de se joindre à nous ici à Lourdes. Qu’elles sachent que tout particulièrement, nous penserons à elles !

Dominique Hérissay pour LCE 95
Septembre 2022

 
CONTACT

Lourdes Cancer Espérance du Val-d’Oise
Dominique Hérissay et Jean Marie Turquie
contact@lce95.com
Tél. 06 38 52 18 78

LOURDES CANCER ESPÉRANCE :
DU SOLEIL DANS LA VIE DES MALADES
ET DE LEURS PROCHES

Depuis 1985, Lourdes Cancer Espérance s’adresse aux personnes concernées par la maladie, à travers leur histoire personnelle ou celle d’un proche. Lourdes Cancer Espérance œuvre pour rompre l’isolement des malades et de leurs familles. Le temps fort de l’association est le rassemblement annuel de septembre à Lourdes.

Tout au long de l’année, la fraternité et la foi aident à cultiver l’Espérance. Les journées d’amitié, les prise de contact courrier ou téléphonique, les visites en milieu hospitalier et à domicile… sont autant de gestes qui permettent de construire cette « grande famille » de LCE.

Source : www.lourdescanceresperance.com

 


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