
Retraite diocésaine à Lisieux :
« La joie, un chemin »
Du 9 au 12 mars, nous étions quarante-quatre du diocèse de Pontoise à vivre un temps de retraite pastorale au sanctuaire de Lisieux.
Prêtres, diacres accompagnés de leur épouse, laïcs en mission ecclésiale des services diocésains, membres d’équipes d’animation pastorale en paroisse, nous nous sommes retrouvés pour quelques jours de ressourcement fraternel et spirituel.
Pendant quatre jours de retraite, le père Ide nous a guidés dans une profonde méditation sur la joie chrétienne, en compagnie de saint Thomas d’Aquin, sainte Thérèse de Lisieux, le bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus et sainte Faustine..
Le silence, porte d’entrée de la vie intérieure
Dès l’introduction, l’accent a été mis sur le silence, « condition de l’intériorité, elle-même condition de la prière ». Comme l’écrit Georges Bernanos : « On dit “garder le silence” alors qu’en fait, c’est le silence qui nous garde ». C’est dans ce climat intérieur que peut naître une véritable vie spirituelle.
La joie, fruit de l’accueil du don de Dieu
S’appuyant sur saint Thomas d’Aquin, le père Ide a rappelé que nos sentiments naissent en présence du bien ou du mal : la joie surgit du bien présent, tandis que la tristesse naît du mal.
La joie chrétienne trouve sa source en Dieu lui-même, « Bien diffusif de soi », qui ne cesse de se donner. Elle dépend ainsi de notre capacité à accueillir ce don dans la foi, en gardant le regard fixé sur Dieu. D’où l’appel de saint Paul à « être toujours dans la joie », car l’espérance comme le désespoir sont profondément contagieux.
La jalousie : une tristesse qui divise
La jalousie, définie comme « la tristesse du bien d’autrui », naît de la comparaison et d’un manque d’estime de soi. Elle divise, isole et peut conduire jusqu’à la haine si elle est entretenue.
Pour la combattre, il est nécessaire de reconnaître les dons reçus, de cultiver l’humilité et de redécouvrir la beauté du bien commun, où chacun a sa place.
L’acédie : le découragement spirituel
L’acédie, plus difficile à nommer, se manifeste par l’ennui, le découragement ou une forme de dégoût spirituel. Déjà dénoncée par les Pères du désert, elle peut conduire à une agitation stérile ou à des remises en question excessives.
Elle invite à revenir à l’essentiel : se souvenir de sa vocation, habiter l’instant présent, persévérer fidèlement et choisir des engagements et des loisirs qui élèvent le cœur.
Le don de soi : entrer dans la logique de l’amour
Le premier chemin vers la joie est le don de soi. Aimer véritablement, ce n’est pas utiliser l’autre comme un moyen, mais le reconnaître comme une fin en soi.
À la suite de Dieu lui-même, nous sommes appelés à entrer dans une logique de gratuité, où la relation ne repose pas sur l’exigence mais sur la liberté du don.
Le pardon : un chemin de liberté
Le deuxième chemin est le pardon. Loin d’être un oubli ou une faiblesse, il suppose de faire mémoire de la blessure et de consentir à une remise de dette qui dépasse la justice sans la nier.
Le pardon est un acte libre, parfois long et exigeant, mais indispensable pour restaurer le lien. Il ne se confond pas toujours avec la réconciliation, qui dépend aussi de l’autre, mais il demeure toujours possible comme chemin intérieur.
La gratitude : vivre dans l’action de grâce
Enfin, la gratitude, ou action de grâce, ouvre un chemin de transformation. « Soyez dans l’action de grâce », dit saint Paul.
Reconnaître les dons reçus, en goûter la bonté et les transmettre à son tour permet d’entrer dans une dynamique de vie. La gratitude élargit le cœur, renouvelle le regard et peut même devenir un remède face à l’épuisement, en rappelant que la source du don n’est pas en nous, mais en Dieu.
Une richesse à déployer dans la durée
Cette retraite, dense et lumineuse, nous laisse une matière spirituelle riche, à approfondir dans la durée, pour grandir dans la joie véritable.

Une retraitante
26 mars 2026

» La retraite était prêchée par le père Pascal Ide autour du thème « La joie, un chemin ». Dans un climat de prière, d’écoute et de partage, il nous a invités à reconnaître et rejeter les causes de tristesse qui peuvent habiter le cœur humain, en particulier la jalousie et l’acédie. À l’école de Thérèse de Lisieux, nous avons été encouragés à entrer résolument dans un chemin de joie, en cultivant trois attitudes spirituelles essentielles : le don de soi, le pardon et la gratitude.
Ce temps de retraite a été pour tous une grâce de communion fraternelle. Il soutient la mission de ceux qui, dans le diocèse, participent de différentes manières à la charge pastorale confiée à l’évêque, au service de l’annonce de l’Évangile. »
Un retraitant


