Les patronages : “ici on joue,
ici on prie !”

Dans notre diocèse, les patronages ont le vent en poupe ! De plus en plus d’enfants et de familles en bénéficient. Mais d’où vient un tel succès ? Explications avec Marie Hoppe, chargée de mission pour le développement des patronages.

Lorsque Mgr Stanislas Lalanne, un certain jour de Pentecôte 2018, annonce aux milliers de personnes réunies pour la Grande Assemblée sa volonté de développer les patronages, ce mot ne fait pas sens pour grand monde, sauf peut-être pour les plus âgés qui se rappellent ces lieux de vie de leur enfance où ils ont vécu tant de souvenirs joyeux… Sans doute fait-il sens aussi pour les habitants d’Ennery, village du Vexin où un certain Abbé Louis Marécal a continué d’organiser, contre vents et marées, des colonies de vacances et des journées « Cœurs Vaillants », des parties de « drapeau », et surtout un accueil de loisirs, 7 jours / 7, pour tous les enfants et jeunes, chrétiens ou non, pendant plus de 40 ans. L’Abbé Marécal aura marqué des générations d’enfants et de jeunes qui témoignent de la façon dont ils ont pu, au sein de l’association créée par celui qu’il nommaient « l’Abbé », déployer leurs talents, se donner au service des plus jeunes et prendre leur place dans la société !

Le mot « patronage » fait sens aussi pour les bénévoles engagés au sein de la Facel, Fédération des Associations Culturelles, Educatives et de Loisirs, création visionnaire inspirée du modèle parisien, qui date de 2006 dans le diocèse de Pontoise et a préparé le cadre favorisant aujourd’hui ce développement de ce qu’on nomme également des « Acels » (Associations Culturelles, Educatives et de Loisirs).

Groupe de jeunes en plein Air

Les patronages apparaissent plus que jamais comme des solutions éducatives mais aussi comme de formidables outils d’évangélisation.

Mais au fait, pourquoi cet engouement soudain pour les patronages ?

Dans une société qui se déchristianise, en perte de repères, de sens, et d’unification de l’être, les patronages apparaissent plus que jamais comme des solutions éducatives mais aussi comme de formidables outils d’évangélisation. Lieux de vie unifiés où la vie spirituelle fait partie d’un ensemble cohérent et bienveillant, ils visent la croissance des enfants et jeunes dans toute ses composantes, à travers la proposition d’activités variées : aide aux devoirs, accueils de loisirs, séjours éducatifs, en dehors du temps scolaire.

Véritables lieux d’éducation dans la durée, ils sont ouverts à tous les enfants et jeunes, tout en assumant leur identité chrétienne, comme en témoigne la devise des patronages : « Ici on joue, ici on prie ». Les plus grands se mettent au service des plus petits et prennent des responsabilités adaptées à leur âge, sur un modèle proche du scoutisme.

Installés au cœur d’une paroisse qui souvent les abrite, les patronages sont également des passerelles pour les personnes qui n’osent pas pousser la porte de l’Eglise, familles qui confient leurs enfants mais aussi bénévoles trouvant un espace de liberté pour partager leurs talents. Venues au départ pour bénéficier d’un service, les familles découvrent un cadre simple et joyeux et des personnes offrant leur temps et leur qualité de présence aux enfants. Elles y croisent aussi des prêtres ou des consacrés dans des rôles moins liturgiques, jouant, bricolant ou animant.

Groupe de jeunes en plein Air

Installés au cœur d’une paroisse qui souvent les abrite, les patronages sont également des passerelles pour les personnes qui n’osent pas pousser la porte de l’Eglise…

Avec de la patience, on peut y voir des enfants qui deviennent animateurs puis directeurs, heureux de donner ce qu’ils ont reçu au service d’un projet qui les a aidés à grandir. Dans le Vexin, au sein de la colonie d’été organisée par l’Association Saint Louis, qui a repris ses activités en 2013, les animateurs sont quasiment tous des enfants de la colo qui ont grandi. L’équipe de direction s’étoffe chaque année avec de nouvelles directrices en formation. Et au patronage du Vexin, qui existe depuis 10 ans à Marines, et depuis cette année à Magny, de nombreux « Z » (aide-animateurs collégiens et lycéens) viennent participer à l’animation les mercredis et pendant les vacances et plusieurs d’entre eux se forment au BAFA. « C’est impressionnant de voir comme le modèle du patronage fonctionne et porte de beaux fruits », témoigne Marie, qui a lancé le patronage de Marines en 2011 avec une poignée d’enfants. 

En 25 ans, on est passés de 40 à 120 patronages recensés en France, selon une étude de septembre 2021 menée par un cabinet d’expertise, à la demande du diocèse de Lyon. Et rien que dans le diocèse de Pontoise, quatre années après la Grande Assemblée, six patronages ont vu le jour, à Sarcelles, Cormeilles-en-Parisis, Bezons, Magny-en-Vexin, Enghien-Saint Gratien et Argenteuil. D’autres paroisses comme Eaubonne ou Montmorency travaillent sur le sujet.

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Marie Hoppe,
chargée de mission pour le développement des patronages
et au service de la Facel Val d’Oise.
Mai 2022

CONTACT

Développement des patronages
Marie Hoppe

Tél : 01 34 24 74 36
patronage@catholique95.fr 

la première rencontre diocésaine des patronages.

Jeunes Unicef

Ils viennent de Cormeilles-en-Parisis, de Cergy, de Saint-Ouen l’Aumône, du Vexin, d’Enghien, de Sarcelles, de Bezons ou d’Argenteuil… Ils sont prêtres, consacrés, laïcs en mission ecclésiale ou bénévoles, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes…

Leur point commun ? Ils œuvrent au service d’une noble mission d’éducation, disparue du paysage ecclésial pendant de nombreuses décennies et qui a de nouveau le vent en poupe dans toutes les régions de France : celle des patronages.

Avec notre évêque, Mgr Stanislas Lalanne, ces présidents d’associations, directeurs et aumôniers du diocèse se sont réunis à la Maison Massabielle, à l’occasion de la première rencontre diocésaine des patronages le 22 janvier 2022. Ils ont pu découvrir des personnes engagées comme eux et confrontées aux mêmes questionnements et problématiques. Ils ont pu faire connaissance, partager leurs expériences, leurs joies et difficultés, chacun dans sa mission. Monseigneur Lalanne, à l’écoute des remontées, leur a témoigné sa joie, sa confiance et ses encouragements, insistant sur l’importance de bien tenir « les deux bouts de la chaine » : une identité chrétienne assumée et le souci de rejoindre toutes les familles d’aujourd’hui dans un esprit d’ouverture.

De nombreuses questions se sont posées et restent à creuser et travailler, parmi lesquelles le rôle de l’aumônier de patronage, la formation des animateurs et directeurs, la pérennisation des projets, le recours à des directeurs salariés, la recherche de fonds, les différents modèles de patronage… autant de chantiers pour consolider ces projets et leur assurer un avenir. La Facel Val d’Oise, qui organisait cette journée de rencontre, travaille déjà sur plusieurs sujets et encourage la mutualisation des moyens et des connaissances entre associations, car « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ! ». Elle organise également un BAFA diocésain (formation pour devenir animateur) et propose aux associations la mise à disposition de volontaires en service civique.

Gros plan sur les patros de Sarcelles et de Cormeilles en Parisis :

Jeunes Unicef

A Sarcelles, Don Alexis Germon, prêtre de la communauté Saint Martin et vicaire de la paroisse, a lancé des activités en arrivant il y a 3 ans avec l’Association Lumière des Nations. Titulaire du diplôme de directeur, il a ouvert progressivement les portes d’une grande salle mise à disposition par la mairie à Sarcelles village. Aujourd’hui, il accueille une quarantaine d’enfants de primaire chaque mercredi. Pendant les vacances, les effectifs explosent ! Ainsi lors des dernières vacances, ce sont 80 enfants qui étaient inscrits à la semaine d’activités, encadrés par une vingtaine de lycéens bénévoles, avec l’aide d’une volontaire en service civique. Don Alexis, très à l’aise pour développer et mener des projets, entendu lorsqu’il évoque l’urgence éducative et la demande des familles, a obtenu d’importantes subventions pour permettre aux jeunes de Sarcelles de vivre de magnifiques voyages, l’an dernier à Saint Malo et Rome, et l’été prochain en Terre Sainte. Les enfants ont également pu profiter d’une sortie en Belgique pour visiter le plus grand zoo d’Europe et en sont revenus avec des étoiles dans les yeux !

Au sein des patronages, on est frappé par l’ambiance fraternelle qui règne. Au Petit Patro de Cormeilles-en-Parisis, qui organise ses activités dans les salles de l’église de Christ-Roi, la journée commence avec un petit temps spirituel et la présentation du thème du jour. Pour la première journée, c’est le thème de l’accueil qui est présenté. Ainsi la trentaine d’enfants inscrits à cette semaine, tous revêtus d’un t-shirt jaune, sont encouragés à se tourner vers tous les enfants, pas seulement leurs copains, à faire appel à leur force intérieure, à être dans la gratitude… On peut croiser quelques enfants en situation de handicap, bien intégrés dans les différentes activités. Le Père Martin de Hédouville, en formation BAFD, mène de main de maitre et dans la bonne humeur des journées bien équilibrées, avec le matin des ateliers de toutes sortes, animés par des adultes bénévoles avec également l’aide des religieuses présentes dans la paroisse (activités manuelles, chant, jeux de société et autres), tandis que la dream team, composée de lycéens et d’une volontaire en service civique (les t-shirts rouges), prépare le grand jeu de l’après-midi avec un fil conducteur, plongeant cette fois-ci les enfants dans l’imaginaire de la piraterie. Comme à Sarcelles, on peut être frappé par l’investissement joyeux (et gratuit) de ces grands jeunes au service des enfants. Leur motivation ? A Sarcelles, Tagra témoigne : « C’est ma foi qui m’a donné envie de venir aider. Je me sens utile, et j’aime m’occuper des petits. Et puis, il faut le dire, ça fait bien sur un CV ! »


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