10/12/2018

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Paix Ce dimanche 11 novembre 2018, Mgr Stanislas Lalanne présidait la célébration eucharistique à la cathédrale Saint-Maclou de Pontoise. Lire son homélie.

 

 

« La paix soit avec vous ! » Telle est la première phrase que Jésus ressuscité dit à ses disciples.

Comment ne pas faire aujourd’hui le lien entre cette salutation liturgique au début de la messe et ce 11 novembre 1918 où enfin s’arrêtaient tant de souffrances, de larmes et de morts ?

Ce qui s’est passé pendant les années de la Première Guerre mondiale nous devons en garder mémoire, pour deux raisons :
- Pour que ceux qui ont fait le don de leur vie et pour qui nous célébrons l’eucharistie ne soient pas oubliés. Ils sont allés jusqu’au sacrifice d’eux-mêmes, jusqu’au don de leur vie.
- Ensuite pour que la fureur des hommes ne se déchaîne pas encore. Dans ce 100e anniversaire de l’Armistice, il y a un avertissement. La paix est notre responsabilité.

Une guerre n’éclate jamais par hasard. La guerre jaillit d’injustices invisibles qui se sont accumulées.

La fureur mondiale, la première, n’a été que l’expression d’une fureur secrète distillée goutte à goutte et qui est devenue insupportable.

Parce qu’elle était devenue insupportable, des gens ont pris la décision de la violence et de la force. L’entassement de minuscules injustices a provoqué de brutales hostilités.

Puis, un 11 novembre, il y eut le grand silence. Après tant de bruit, tant de rumeurs, rien. La paix commence par le silence.

Les armes se taisent. Et voila qu’enfin, après le bruit, les hommes se sont retrouvés devant leur responsabilité.

Ils se sont retrouvés dans un moment de silence où apparaissait cette vérité toute nue : que la paix, souvent plus difficile à gagner que la guerre, dépendait de ce que nous ferions de la dignité, de la justice et du respect de l’homme.

Parce que ce silence du 11 novembre 1918 est indispensable à notre histoire, nous sommes rassemblés ce matin pour nous retrouver ensemble devant les valeurs fondamentales qui fondent l’humanité.

Il appartient à la vie politique d’un pays de régler précisément l’usage de ces valeurs fondamentales que sont la dignité et le respect de chacun et la paix.

Nous sommes devant le même silence qu’en 1918 pour prendre au sérieux les bases constitutives de la paix qui sont : l’exercice sain, public, clair, légitime des lois démocratiques dans un pays.

Nous le savons, la paix est toujours fragile, toujours à consolider, alors que les conflits demeurent dans divers coins du monde.

 

« Nous le savons, la paix est toujours fragile, toujours à consolider. »

 

De la même façon que cet instant de silence du 11 novembre 1918 a placé le monde entier devant sa responsabilité inaliénable de respecter l’homme et de le servir, cette messe est le moment de nous rappeler que nous n’avons pas à en rester à la superficialité des choses.

Ce qui est en jeu, c’est finalement le respect de chacun, par conséquent la justice, donc la paix.

Aujourd’hui comme hier, l’homme a besoin de se rappeler que la paix dépendra toujours des sacrifices et des efforts que nous ferons pour qu’elle règne.

C’est peut-être ainsi que le passage d’Evangile que nous venons d’entendre est éclairant. Il nous donne une clé pour être artisans de paix.

Cette pauvre veuve ne donne pas dans le tronc un peu de son superflu.

Jésus, qui la montre en exemple, dit qu’elle donne de son manque, c’est-à-dire de ce qu’elle n’a pas !

C’est paradoxal : comment donner si on n’a rien ?! Cela signifie qu’elle se donne elle-même, elle donne ce qu’elle est…

 

« Cela signifie qu’elle se donne elle-même, elle donne ce qu’elle est… »

 

C’est le miracle des mains vides, c’est le trésor inestimable de la communion de tous les hommes sous les yeux de Dieu, dans la main de Dieu, sous sa protection et sous sa bénédiction.

Il ne s’agit pas de donner cette veuve en nouvel exemple moral. Là n’est pas la question !

Cette femme, loin de tout idéal, est bonne, tout simplement, comme Jésus nous invite à le devenir.

Agir avec amour devrait aller de soi, parce que nous sentons instinctivement que c’est notre vérité.

Cela devrait jaillir du cœur, sans plus d’intention, sans plus de réflexion, comme quelque chose qu’on ressent et qu’on réalise immédiatement.

Reste à savoir ce que nous osons partager tous les jours. A partir du moment où nous cessons de nous replier sur nous-mêmes, nous pouvons être riches au milieu même de notre pauvreté !

Certes, il y a des moments où nous nous sentons démunis, exposés, jetés à tous vents.

 

« A partir du moment où nous cessons de nous replier sur nous-mêmes, nous pouvons être riches au milieu même de notre pauvreté ! »

 

Et pourtant, c’est aussi dans ces moments de bonté totalement désintéressée que nous nous approchons de Dieu, que nous nous approchons de nos frères en humanité.

Plus notre cœur s’élargit, plus nous frôlons l’infini, plus nous sentons à quel point, dans notre pauvreté même, nous sommes reliés à tous les hommes, et moins nous avons de raisons de nous défendre, de combattre les autres, de leur faire la guerre.

La plus grande merveille en nous, c’est notre humanité, au sein même de notre pauvreté.

Chers amis, cette commémoration du 11 novembre 1918 est une occasion de nous redire les fondements de la paix.

L’absence de guerre n’est pas la paix.

L’Eglise, avec constance, rappelle qu’il ne peut y avoir de paix durable, tant à l’intérieur des pays qu’entre les nations, sans un effort permanent de vérité, de justice, de solidarité, de liberté, de pardon et de réconciliation.

Ce sont là des composantes spirituelles qui doivent se traduire en actes et en institutions… L’humanité doit avancer vers ce monde fraternel sous peine de s’autodétruire.

Et puis, faire mémoire, c’est se construire comme un être en devenir, récupérant dans sa propre énergie les cris de toute l’humanité, les cris d’hier et ceux d’aujourd’hui.

 

« La paix, fruit des efforts des hommes, est aussi, et plus encore, un don de Dieu et un signe de la venue du Royaume. »

 

Enfin, comme chrétiens, nous ne devons pas oublier que la paix, fruit des efforts des hommes, est aussi, et plus encore, un don de Dieu et un signe de la venue du Royaume. C’est le sens du geste de paix que nous échangerons tout à l’heure.

C’est pourquoi il importe de ne pas oublier le rôle vital de la prière en ces graves affaires. C’est bien le sens de notre célébration ce matin. Amen.

Mgr Stanislas Lalanne
11 novembre 2018

 

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